noms de plantes, noms de lieux

En se limitant à la petite région étudiée :

 

Beluse, Belouse, Boulouse : (uniquement des lieux-dits non habités). D'après Taverdet, l'origine est le latin betulla "bouleau, d'où betullosa "lieu à bouleaux". Il est légitime d'émettre des doutes, les lieux pouvant être sur argilo-calcaire plutôt humide, ce qui convient peu au bouleau ; je préfère y voir, comme Brunel en 1948, une origine dans une autre plante, la berle (Berula erecta, ou Sium angustifolium), plante poussant dans les ruisseaux, qui était très utilisée dans la pharmacopée. Mais il n'y a pas non plus de ruisseaux à ces endroits …, peut-être y avait-il des zones engorgées, ce qui est possible vu la situation des quatre endroits concernés, dans des petites dépressions. Le passage du son Be au son Bou est plutôt aberrant, mais il est attesté chez nous sur les cartes : le Mont Bouzu était autrefois écrit Mont Bezu. Dans un ouvrage plus récent, Taverdet va plutôt vers une origine beluse = terre argileuse.

Chagnots, Chaneaux …  Chassagne : (lieux-dits non habités, hameaux). Vient de l'ancien nom du chêne cassanea, origine gauloise. A noter qu'il est parfois noté l'Echaneau ou les Echaneaux, ce qui est une erreur : il faut y voir ès chaneaux, c'est à dire "les chênes".

la Baume : (lieu-dit non habité). Placé en fond de vallon, il faut y voir comme origine le nom de la menthe. Mais d'autres estiment que baume est un talus.

le Thil, le Tillot : (lieux-dits non habités, hameaux). Tilleul.

les Punais : (lieu-dit non habité). J'émet l'hypothèse d'une référence au hièble, particulièrement fétide.

la Brère, les Bruyères : (lieux-dits non habités). C'est évidemment une référence à la bruyère (callune), mais la signification du mot était beaucoup plus large auparavant : tout lieu où venaient des broussailles basses était une bruyère : c'est le cas de ce qui se nomme maintenant le Charmoy (Fley- St Vallerin), sur calcaire sec, où la callune ne pousse pas.

la Rongère : (lieu-dit non habité). Probablement une référence à la ronce, ronge en patois.

les Lochères : (lieu-dit non habité). Laîches, lauche en patois.

les Poureaux (les Champs-Poureaux un peu plus au nord) : (lieu-dit non habité). J'émet l'hypothèse qu'il s'agit du muscari à toupetdont les feuilles ressemblent fort au poireau après la floraison. Lieux secs et pierreux qui correspondent bien. Mais certains mettent en relation Poureau et pierre.

le Péton qui se prononce aussi le Pétan : (lieu-dit non habité). L'hésitation sur la prononciation me fait penser qu'on y a peut-être planté du pétun, qui était l'ancien nom du tabac.

sur l'Ormeau : (lieu-dit non habité). Orme.

Chenoves, Chenevelles : (lieux habités). Chanvre. C'est l'explication donnée classiquement car elle parait évidente, mais elle est contestée par Taverdet, qui y voit comme origine cannabas "échoppes".

les Epouray : (lieu-dit non habité). Peut-être y voir un rapport avec le patois épreau, époureaucormier.

les Parelles : (lieu-dit non habité). Peut-être y voir un rapport avec l'ancien français parelleoseille crépue.

Buxy : (bourg). La plupart des auteurs y voit le latin buxusbuis.

la Tronche, le Tronchis : (lieu-dit non habité). de tronche = saule têtard ?

les Pouilloux : (lieu-dit non habité, commune de Montagny-lès-Buxy). Au vu du type de terrain, une chaume sur dalle rocheuse à sol squelettique, je pense à la racine pouill- qui s'applique à plusieurs plantes aromatiques, dans ce cas au thym serpollet (Thymus præcox). Dans le même ordre d'idée, j'émets l'hypothèse que l'expression Champagne pouilleuse a la même origine, vu sa situation sur les plateaux calcaires.